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le Busa

Néolithique
Responsable d'opération : Régis Picavet

Détails

Cette fouille préventive a été réalisée sur la commune de Noyers-sur-Cher (Loir-et-Cher), au lieu-dit « le Busa », sur une emprise de 24 566 m². Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet d’extension d’extraction de matériaux par le GIE Les Matériaux du Cher – La Ligérienne-granulats, qui a financé la totalité de l’opération. Une première campagne de fouille s’est déroulée du 3 octobre au 10 novembre 2016 sur une surface de 12 000 m². La deuxième est programmée pour l’automne 2017.

L’opération 2016 a débuté par la réalisation d’une longue tranchée axiale sud-nord traversant orthogonalement le paléochenal déjà repéré lors du diagnostic. Ce dernier, d’axe est-ouest,occupe la partie centrale de l’emprise.Les horizons anthropiques se trouvent vers 50/60 cm sous la surface actuelle et se concentrent dans la partie sud de l’emprise, dans un limon sableux brun-jaune. En fin de campagne, une tranchée sondage d’axe est-ouest a été réalisée dans le secteur nord-ouest de la surface décapée, démontrant la troncature par le Cher des éventuels dépôts archéologiques holocènes. 

Au total, 10 237 objets ont été repérés spatialement, dont 691 fragments de céramique modelée. Le mobilier est présent en épandage sur la totalité de l’emprise avec une nette raréfaction au nord. L’essentiel de la série provient du secteur sud-est dont une surface d’environ 100 m² a été fouillée manuellement. Une part importante du sédiment excavé a été tamisée à l’eau. Si du point de vue sédimentaire, une partition stratigraphique est difficilement décelable au décapage, le mobilier semble définir deux horizons distincts. Un premier horizon, présent sous la couche de labour, livrant un mobilier en silex de grandes dimensions, à tendance laminaire, comprenant de rares objets façonnés parmi lesquels on note quelques tranchets, que nous attribuons provisoirement à un Néolithique récent-final. 

Un deuxième horizon, présent uniquement au sud de l’emprise, repose dans un limon sableux brun-jaune et présente, de manière concentrée, une industrie à nette tendance lamino-lamellaire très régulière, associée à de la céramique modelée. A part de très rares « trous de poteaux », on ne remarque aucune structure en creux. On note la présence de quelques petites concentrations de silex fortement dégradés par le feu. De nombreux grattoirs façonnés sur des lames « robustes sont présents. Une activité particulière a dû se dérouler sur cette ancienne berge du Cher, certainement en relation avec le milieu halieutique. Cet horizon est provisoirement daté du Néolithique moyen II.

Malgré le tamisage à l’eau d’une partie importante du sédiment excavé lors de la fouille manuelle et la présence deux nucléus microlithiques, aucun élément attribuable au Mésolithique n’a été découvert. La reconnaissance du site polyphasé de Noyers-sur-Cher, lieu-dit « Le Busa », constitue à l’évidence une découverte importante au moins à l’échelle régionale.